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Pourquoi rééditer mon premier roman ?

  • Photo du rédacteur: Natacha Dekoninck
    Natacha Dekoninck
  • 27 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Parce que ma plume a gagné en poésie et en maturité.

Parce que je me suis formée à l'arc narratif, au Show don't tell (procédé narratif qui montre au lieu de dire ce que ressentent les personnages), à l'écriture des descriptions et que je souhaite offrir à mes héroïnes la meilleure version d'elles-mêmes.

Les voyages de Sacha sont vraiment à retravailler pour rendre les descriptions utiles à l’intrigue tout en faisant vibrer les émotions de mes personnages à travers elles.




Je te donne un exemple :

Version actuelle

Version retravaillée hier :

Au détour de l’hôtel, elles s’assirent sur un banc afin de profiter de l’étrange panorama qui s’offrait à elles. Trois dômes mobiles reposaient sur l’eau comme trois bulles gonflables et des arbres flottaient sur de vieilles bouées marines arrimées au fond du bassin.

— On dirait des igloos, suggéra Sacha.

— Leur structure me fait penser à des ruches de baudruche, répliqua Raphaëlle. Ce projet de forêt flottante est vraiment intéressant, ajouta-t-elle.

Elles s’élancèrent dans un échange philosophico-architectural-écologique qui les anima, comme quand elles se prenaient à refaire le monde du temps de leurs soirées girls. Une pensée émue les traversa. Lara aurait aimé ce voyage entre filles. Elles savaient que, d’une certaine façon, elle était là avec elles. Le lien qu’elles avaient établi perdurerait dans leur esprit et elle serait à jamais auprès d’elles.

Au détour de l’hôtel, elles s’assirent sur un banc, happées par l’étrangeté du panorama qui s’offrait à elles. Sur l’eau tranquille reposaient trois dômes mobiles, fragiles comme des bulles prêtes à se rompre. Plus loin, des arbres flottaient, soutenus par de vieilles bouées marines arrimées au fond du bassin. Rien n’était vraiment enraciné, et pourtant tout tenait, comme si la vie persistait, autrement.

— Ils sont drôles ces igloos, souffla Sacha, avec ce sourire qu’elle réservait aux découvertes inattendues.

— Ça me fait plutôt penser à des ruches de baudruche, répondit Raphaëlle. Ce projet de forêt flottante est fascinant, ajouta-t-elle, songeuse.

Très vite, la conversation dériva. Elles se lancèrent dans un échange à la fois philosophique, architectural et écologique, animé, joyeux, presque exalté — comme autrefois, lorsqu’elles refaisaient le monde lors de leurs soirées entre filles. Cette effervescence familière fit naître, presque malgré elles, une pensée plus grave. Lara aurait aimé être là. Cette évidence s’imposa

sans bruit.

Devant cette forêt flottante, Sacha comprit que le deuil n’était pas une rupture nette, mais une transformation lente. À l’image de ces arbres maintenus à la surface par des amarres invisibles, leur lien à Lara avait changé de nature. Il ne reposait plus sur la présence, mais sur la mémoire, sur l’amour qui demeure, sur ces fils discrets et résistants qui continueraient de les relier à elle. Leur chagrin avait ressemblé à cette eau sombre : profond, mouvant, parfois menaçant. Il aurait pu les engloutir. Mais elles avaient appris à flotter. À s’adapter. À inventer de nouveaux points d’ancrage.


Quelle version préfères-tu ?

 
 
 

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